10 Projections exceptionnelles à Paris au Cinéma LUMINOR (Hôtel de Ville) de janvier à mars 2017

Après 120 projections de "Retour en Algérie" en province, toutes accompagnées par son réalisateur ( moi-même )...
Nous préparons 10 Projections exceptionnelles sur Paris.

A chaque fois, un invité ; journaliste, historien... Raphaëlle Branche, Pierre Joxe, Nils Andersson, Tramor Quémeneur, Jean-Claude Escaffit, Gilles Manceron, Florence Beaugé.

"Retour en Algérie" est un documentaire qui s'attache à cette "libération par la parole" que propose "l'Association des Anciens Appelés en Algérie et leurs Amis, Contre la Guerre".

Simone de Bollardière ( présidente d'honneur ) y tient une place importante.
Ces projections ont lieu - exactement, 60 ans après - la Bataille d'Alger, où son mari, le général Jacques de Bollardière, prit les positions courageuses que l'on sait.

Agenda & programme de ces projections parisiennes

Synopsis

Ils ont eu 20 ans, entre 1954 et 1962. Comme deux millions de jeunes Français, leur Service militaire ce fut la Guerre d’Algérie.
La torture, les « corvées de bois »… sont les blessures dont leur génération n’a pas pu parler.
50 ans plus tard – à l’heure de toucher leur retraite du combattant - certains, sortent de ce long silence. Ils se regroupent et refusent - pour eux-mêmes - cet argent de la guerre. Ils le collectent et le redistribuent à des associations algériennes. Puis, affrontant leur douleur et leur honte, ils parlent.
Aux jeunes Français, qu’ils vont rencontrer dans les établissements scolaires, ils disent : « Parfois, il faut désobéir… Oser dire Non ! »
Cette histoire a bouleversé leurs vies. Mais – aujourd’hui – ils veulent contribuer à en écrire une autre page…
Solidaire et fraternelle, celle-là.

Les témoins du film

Rémi, cultivateur à Albi

Quand j’ai été appelé à témoigner, j’ai été « emporté » par tout ce que cette guerre avait enfoui en moi. La peur, l’incompréhension, les cris des prisonniers… C’est sorti d’un coup !

Simone, femme de général

Ce n’est pas dangereux de parler…




Gérard, technicien des forages

Ce que je n’avais jamais pu dire à ma femme, mes enfants ou mes proches, j’ai enfin pu le partager.

Stanislas, séminariste

J’ai compris - en pleine nuit - que les cris que j’entendais, n’étaient pas ceux d’un chacal égaré dans le camp… Mais, ceux d’un jeune homme de 14 ans, torturé à l’électricité. Le jeune « Boutoute », que je connaissais.
Cet événement m’a révolté et marqué « à vie ».

Pierre, syndicaliste ouvrier

Invité à témoigner, je n’ai pas pu aller au bout de mon intervention, j’étouffais…
Ça ne sortait plus. Trop d’émotions ! Les cris des torturés – pendant des mois - c’est vraiment ce qu’on a vécu de plus dur.

Gilles, agriculteur

J’ai été chauffeur au Deuxième Bureau, le service des Renseignements…
Quand, à la demande de mes enfants, j’ai voulu écrire… Je n’y arrivais pas.
Sans l’aide de ma femme et de l’Association, j’aurais renoncé.

Georges, agriculteur

L’Armée française a vidé les montagnes d’Algérie, pour mieux les contrôler.
Deux millions de personnes déplacées, sur huit millions.
Quand j’ai revu l’un de ces villages, aujourd’hui abandonné et en partie détruit, je me suis senti mal. Je revivais ces faits. Ces femmes, ces enfants, ces vieillards, « déportés » dans le camion que je conduisais.

Gérard, travailleur social

Ce « Retour en Algérie » a été exceptionnel. Quel accueil !
« Soyez les bienvenus », disent-ils. Pas de haine chez ce peuple qui a beaucoup souffert.
« Nous n’avons pas fait la guerre au peuple français, précisent-ils, mais au colonialisme. »
Aujourd’hui, ils attendent de la France - qu’au plus haut niveau de l’Etat - elle ait l’honnêteté, de « reconnaître les faits. »

Pourquoi j'ai fait ce film

par Emmanuel Audrain


En 2008, Simone de Bollardière ( la veuve du général Jacques de Bollardière ), m’incite à venir à l’Assemblée Générale des « 4ACG » ( Les Anciens Appelés en Algérie, et leurs Amis, Contre la Guerre ).
Ces hommes âgés ont choisi de ne pas garder pour eux-mêmes, leurs retraites de combattant, mais de les reverser à des Associations algériennes.
Ce qui me marque dans cette rencontre, c’est ce moment où les nouveaux adhérents de l’Association se lèvent et se présentent, évoquant chacun leur parcours algérien.
Un « grand costaud » dit ne pas avoir besoin du micro, mais il n’arrive pas à achever son récit, la voix brisée.
Pour beaucoup, « c’est la première fois » qu’ils parlent. Certains ont les larmes aux yeux, d’autres doivent se rasseoir prestement, submergés par l’émotion.
Ce moment de vérité – exceptionnel – me rend ces hommes très attachants.
Le projet de film naîtra un peu plus tard. Sa réalisation s’étalera sur trois années.
En 2013, notre petite équipe a accompagné les trois Voyages de l’Association. 35 jours en Algérie, pour moi. Avec un matériel très discret, nous avons filmé du mieux que nous avons pu… Pour nous rendre compte, au stade du montage, que le vrai voyage de ces hommes, était bien sûr, leur voyage intérieur. Celui, qui va de leurs 20 ans à aujourd’hui. Ce long chemin, où avec cœur et intelligence, ils ont su retrouver l’estime d’eux-mêmes.

La France malade de l'Algérie


Retour en arrière.
En juin 2000, la journaliste Florence Beaugé publie dans Le Monde un entretien avec une résistante algérienne, Louisette Ighilahriz, torturée pendant trois mois dans une unité parachutiste. Elle veut retrouver - et remercier - le médecin militaire qui lui a sauvé la vie.
Son témoignage, met en cause les généraux Massu et Bigeard… Il va soulever la chape de plomb qui pesait sur la Guerre d’Algérie.
Le général Bigeard menace le journal d’un procès tonitruant.
Le général Massu - à la surprise de tous - répond que ces faits sont plausibles.
Il ajoute : « Quand je repense à l’Algérie, ça me désole.
On aurait pu faire les choses, différemment… »

Trois mois plus tard, à 92 ans, donnant sa dernière interview à Florence Beaugé, il ajoutera : « On aurait dû, faire autrement. »
Au même moment, le général Aussaresses, son adjoint pendant la Bataille d’Alger, décrit la systématisation de la torture et la liquidation - pour les six premiers mois de 1957 - de 3000 opposants Algérois. « Sans remords », dit-il.
Il reconnaît avoir éliminé lui-même, l’avocat Ali Boumendjel et le résistant Larbi Ben M’Hidi (Le « Jean Moulin algérien »).





Les historiens comme des repères


L’ensemble de la presse, se fait l’écho de ces révélations. En quelques mois, la France redécouvre son passé algérien.
Les historiens sont sollicités, Pierre Vidal-Naquet, Benjamin Stora… Mais aussi, la jeune génération des Tramor Quémeneur, Claire Mauss-Copeaux, Raphaëlle Branche, Sylvie Thénault… Leurs ouvrages - tous remarquables - rencontrent un large public.
Dans les familles des Anciens Appelés, vient le temps des premières questions…
Le fils de Rémi, celui de Gilles… Le passé fait retour.
En 2004, Rémi, Georges, Armand et Michel lancent la 4ACG, Association des Anciens Appelés, et Leurs Amis, Contre la Guerre. Ils choisissent Simone de Bollardière comme présidente d’honneur.

L'esprit de résistance


Simone de Bollardière : « Heureusement que mon mari s’est opposé à la torture.
Intérieurement, je ne cesse de le remercier !

Pour les anciens Appelés, particulièrement quand ils vont à la rencontre de jeunes collégiens ou lycéens, le général Jacques de Bollardière – le militaire le plus décoré de la France Libre - est un homme qu’ils aiment évoquer.
« Nous l’admirons parce qu’il a su désobéir. Il a osé dire, Non !»
Ils ajoutent : « Le plus dur, pour nous, ce n’est pas tant ce que nous avons fait… Que, ce que nous n’avons pas fait. Ou, pas dit.
Les actes de résistance que nous n‘avons pas posés.
Ou, pas assez. »





Le testament de Tibhirine


Mon précédent film « Le Testament de Tibhirine » a été diffusé sur France 3 en 2006, « à une heure très tardive ». C’est ainsi, qu’il a rencontré - par hasard – un homme de cinéma ; ce spectateur attentif, est le futur scénariste et producteur du film « Des hommes et des dieux ».
Trois ans plus tard - après le succès que l’on sait ! - celui-ci dira, que « Le testament de Tibhirine » a joué pour lui, le rôle d’un « déclic ». Dans la nuit qui avait suivi, il s’était promis d’être présent au Festival de Cannes, avec cette même histoire (« Pourquoi sont-ils restés ? »), sous la forme d’une fiction.

Faire de l'épreuve un tremplin


Dans « Le testament de Tibhirine » (le documentaire) on apprend que trois des sept moines, ont fait la Guerre d’Algérie… Eux aussi, en avaient été durablement marqués. En revenant vivre en Algérie, ils avaient accompli, un désir très profond.
Les moines, comme les « Anciens Appelés en Algérie Contre La Guerre », avaient su faire de cette épreuve de leur jeunesse, un élan, un tremplin, pour « plus de vie ». Les uns et les autres, affirmant une même solidarité – indéfectible - avec le peuple algérien.
Cette convergence m’intéresse et me touche.

Emmanuel Audrain.


dvd

Le Film : 52’

Les « Compléments » : 67’

  • Jacques Pradel, fils et petits-fils de colons
  • Réfractaires Non-Violents et Pieds-Noirs progressistes
  • Guelma, « le 8 mai 1945 »
  • Gérard Lechantre, L’accueil des Algériens 
  • En Kabylie, Projets de femmes 
  • Jean-Claude Doussin, « Paroles d’humanité »
  • Tramor Quemeneur, Historien
  • Elsa Paris, Historienne
  • Bachir Hadjadj, « Les voleurs de rêves »
  • Claire Mauss-Copeaux, Historienne , « Lettre à Pierre »
  • Stanislas Hutin, « J’ai retrouvé Boutoute ! »

Autres informations :

  • Le DVD, port compris : 23,00 €
  • Couleur . 16/9 . PAL . DVD5 . Le Film : Audio, 2.0 ou 5.1
  • Durée totale : 119’

Organiser une projection-débat en salle de cinéma

Emmanuel Audrain fait partie de ces Réalisateurs "qui accompagnent leurs films"...
LE TESTAMENT DE TIBHIRINE en 2010, a été projeté dans une quarantaine de salles. ( A Paris, au « Reflet Médicis », cinq samedis de suite )
Son nouveau documentaire RETOUR EN ALGERIE, reprend le même dispositif des "Projections-débats en présence du Réalisateur".
Les deux premières séances ont eu lieu à Rennes, au Cinéma ARVOR ( Merci Jacques Frétel ). 119 et 97 spectateurs, les samedi 8 et dimanche 9 mars, à 11 h du matin. ( Prix d’entrée 5 €, Billetterie CNC, 50/50 )

Visa temporaire : 2014000658 RETOUR EN ALGERIE
Distributeur occasionnel : Le Goût du Large 3546
Le film d'une durée de 52', dispose d'un DCP avec son 5.1. Numéro de Visa, Dossier de presse avec photos libres de droit, Affiches, Flyers... Et un lien Vimeo qui permet de le visionner. (Nous le communiquons, à la demande).
10/15 jours avant la Projection : livraison du DCP (Bande-Annonce et Film), Affiches, Flyers… Au même moment, Conférence de presse.

Dans la mesure du possible, nous nous efforçons de regrouper géographiquement les Projections, au sein d’une « tournée ».
Cette « tournée » annoncée par des Conférences de presse, tenues dans chaque cinéma, crée un événement dont la Presse peut parler.

Le réalisateur, emmanuel.audrain@orange.fr

Emmanuel Audrain

Emmanuel Audrain est un documentariste, dont les films gravitent autour de deux univers : Le premier c’est la mer. Non pas celle de Trenet ou de Valéry, mais celle, plus grave, que lui inspira le film de Kaminker et Dumaître, tourné en 1958 à l’île de Sein, « La mer et les jours ».
Depuis son premier film « Boléro pour le thon blanc », Ile d’Yeu 1985, en passant par « Les enfants de l’Erika », jusqu’à « Alerte sur la ressource », en 2002, les films d’Emmanuel Audrain vont au plus près des prises de conscience de notre époque, sans jamais en oublier l’humanité au sens propre, c'est-à-dire le peuple des pêcheurs et autres gens de mer.
Le deuxième univers de ses films, c’est la capacité d’écoute dont ils témoignent, on pourrait presque parler d’amitié comme valeur de plan ou de cadrage… Ce sont des films comme « Mémoire des îles », « PARTIR accompagné », « Je suis resté vivant ! », « Le testament de Tibhirine ». Et tout dernièrement, « Retour en Algérie ».
Emmanuel se souvient que le travail du documentariste québécois Pierre Perrault, l’a marqué. L’auteur de « Pour la suite du monde »  filme les habitants de l’Ile aux coudres et partage avec eux, dans la durée, l’aventure du tournage.
Ce qu’Emmanuel offre le plus généreusement à ceux qu’ils filment, c’est cette aventure du tournage, qu’il paye avec son temps. « Avancer par des chemins, non connus d’avance », dit-il.
Il a pour habitude de tourner, d’envoyer ou de montrer ses images sur DVD, puis de tourner encore…
Ses films se font lentement. C’est un engagement, pas toujours facile à vivre économiquement. Mais, ceux qu’il filme ne s’y trompent pas ; ils apprécient ce respect.
Emmanuel note que ce qui le bouleverse - dans sa vie et dans ses films - « C’est de découvrir chez l’autre, le sens du bien commun. L’intelligence du cœur… »

Philippe Niel, formateur cinéma, Février 2014

Le film

Equipe de réalisation


Réalisation et image : Emmanuel Audrain
Assistante à la réalisation et son : Sophie Audrain . Montage : Michèle Loncol
Palette graphique : Alexandre Babelot . Etalonnage : Marcello Cilurzo  . Voix : Vincent Spatari .
Musiques : Matthieu Saglio (violoncelle, « Cello Solo ») . Malika Ouahès (chant traditionnel Kabyle) .
Sons additionnels et Mixage 5.1 : Frédéric Hamelin
Affiche : Sylvie Dessert

Producteur délégué 


Anne-Marie Yvon, Le Goût du Large

Coproduction


France Télévisions - France 3 Pôle Nord-Ouest : Jean-Michel Le Guennec.
France 3 Bretagne : Bertrand Rault

Avec la participation


CNC, Centre National de la Cinématographie
Le Conseil Général des Côtes d’Armor
La Région Bretagne

Documentation


Florence Beaugé, « Une guerre sans gloire » Calmann-Lévy, 2005
Jacques de Bollardière « Bataille d’Alger, Bataille de l’homme » Bouchene, 2008
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